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Savoir, Vivre

Acceptez-vous n’importe qui dans votre réseau de contacts LinkedIn?

Cette question posée par Félix Arseneau dans Linked Québec, la plus grande communauté au Québec (et dans la francophonie), a attiré mon attention. C’est l’une des questions les plus souvent abordées quand on parle de développer son réseau professionnel sur la plateforme LinkedIn. Félix a accepté d’écrire un billet invité sur le sujet et c’est avec grand plaisir que Le blogue de Miss Parfaite vous le présente aujourd’hui.

 

Il était une… deux… plusieurs fois une même question, qui soulève (encore) des passions…

Quand Sylvie m’a dit qu’elle voulait écrire un billet sur le sujet des invitations à se connecter dans LinkedIn — suite à la discussion que j’avais lancée dans le groupe Linked Québec —, j’ai voulu moi-même en savoir plus, et faire une recherche plus approfondie sur le sujet. 

Il faut dire que d’habitude, je fais toujours une recherche rapide dans LinkedIn pour savoir si le sujet a été abordé précédemment avant de poser une nouvelle question dans un groupe.  C’est bien ce que j’avais fait pour cette question-ci.

Or, après coup, je me suis rendu compte que j’avais omis de chercher dans les archives du groupe, c’est-à-dire dans le contenu des discussions qui avaient eu lieu avant que le groupe ait été « ouvert » (c’est-à-dire que son contenu soit rendu visible pour les non-membres).  En effet, les résultats de recherche qui apparaissent « par défaut » ne concernent que les discussions qui sont « publiques ». 

C’est ainsi que j’ai découvert que le sujet avait effectivement été abordé auparavant, donc avant que je lance ma question au groupe. Posée au mois d’août 2010, huit mois après la création du groupe (alors réservé aux membres), la question était, en fait, très similaire à la mienne. Elle était formulée de la façon suivante :

  • Vous arrive-t-il de refuser une invitation LinkedIn?

Or, j’ai été étonné de voir que les idées qui se dégageaient des commentaires étaient très semblables à celles qui apparaissaient sous ma propre question.  La seule différence était que la première discussion avait généré 147 commentaires, contre 33 pour la mienne.  De plus, elle s’était étalée sur 8 mois, alors que la mienne avait duré à peine un mois.  Et c’est pourtant déjà beaucoup, pour une seule discussion!

Je me suis donc mis à analyser ces réponses-là, en complément à celles que j’avais déjà lu dans le fil de discussion que j’avais lancé.  Évidemment, j’aurais pu aller encore plus loin car, en accord avec ce que dit Sylvie dans son introduction, ce genre de question quasi « existentielle » a été posée à plusieurs reprises par la suite, dans le même groupe, sous différentes formules (voir à la fin de ce billet).

Bref, il semble que ce débat ne soit toujours pas réglé, et malgré toutes les discussions, la question demeure controversée. Alors, quoi en penser : doit-on limiter ou non le nombre de relations dans son réseau LinkedIn?

 

Là est la question!  Élémentaire, vous dites?

Lorsqu’on lit le fil de la toute première discussion, on constate que les opinions sont très partagées. Alors que certains prônent une sélection strictement réservée aux personnes qu’ils connaissent déjà, d’autres – au contraire – ne comprennent tout simplement pas que l’on cherche à limiter le nombre de ses relations. Une personne attribue même ce comportement à du « snobisme ».

Les arguments des partisans du « tout accepter » sont généralement liés aux possibilités qu’offre le réseautage virtuel. L’équation est simple : plus de gens dans son réseau = plus d’opportunités. Certains disent que l’expansion du réseau virtuel est même essentielle aux affaires. Peut-être que ce l’est, mais accepter n’importe qui dans son réseau, est-ce une bonne idée?

Les tenants de la « ligne dure » disent, à l’inverse, que la qualité de son réseau est préférable au nombre de relations. Leurs arguments? D’abord, cela permet de passer plus de temps à « entretenir » son réseau, c’est-à-dire de pouvoir passer plus de temps avec les personnes avec qui on veut vraiment faire des affaires, dans la « vraie vie ». D’ailleurs, ils estiment qu’un trop grand nombre de relations rend la « veille » sur son réseau beaucoup trop chronophage.

Pour ceux qui n’utiliseraient pas encore LinkedIn, il faut comprendre que les activités d’un utilisateur (nouvelles connexions, publications, changement dans le profil, etc.) peuvent être vues par tous ses contacts. Ainsi, plus vous avez de contacts, plus il y a de messages qui défilent dans votre page principale, un peu comme Facebook ou Twitter, si vous utilisez déjà ces outils.

L’autre argument souvent évoqué est le fait de devoir présenter de manière authentique une personne dans son réseau à une autre. En effet, LinkedIn permet aux personnes qui veulent entrer en contact avec une autre — qui se trouve dans le réseau d’une de ses relations — de faire une demande « d’introduction » à cette personne.  Or, lorsqu’on ne connait pas vraiment la personne, comment peut-on la présenter? C’est d’ailleurs sur ce principe d’authenticité et de confiance que s’est construite la philosophie de LinkedIn, qui conseille toujours à ses utilisateurs de ne se « connecter » qu’avec les personnes qu’elles connaissent vraiment.

 

Élargir son réseau, oui… mais pas nécessairement accepter « n’importe qui »

Entre ces deux extrêmes, il y a bien sûr des nuances. Parmi les filtres les plus « légers », il y a le fait de savoir d’avance que le profil de la personne qui fait l’invitation est mensonger. Il arrive, semble-t-il, que certains tentent de se faire passer pour l’un de vos collègues, par exemple. N’inspirent pas confiance non plus les profils « fantômes », c’est-à-dire ceux qui n’affichent aucune relation, aucune description de parcours mais, en revanche, un grand nombre d’adhésions à des groupes de discussion.

Une autre chose qui rebute certains participants : les personnes qui affichent un trop grand nombre de relations, par exemple, certains recruteurs, ou tous ceux qui affichent l’acronyme « LION » (pour LinkedIn Open Networker) à côté de leur nom. Celles-ci leur donnent en effet l’impression qu’elles font une course pour obtenir le plus grand nombre de relations possibles, ce qui amène ces participants à ce se questionner sur la valeur que peut prendre cette relation. En effet, puisque ces personnes peuvent avoir plusieurs centaines, voire des milliers de contacts dans leur réseau, le fait de compter parmi cette masse de gens laisse entendre que leur place a peu d’importance.

Ensuite, certains trouvent déplaisante l’habitude d’inconnus qui profitent de l’accès à leur réseau, mais qui en revanche ne permettent pas d’accéder au leur. Ce genre d’attitude ne se détecte pas aisément avant de se connecter à quelqu’un, mais on dit regretter d’avoir accepté les invitations de ces personnes. Si ce n’est pas un frein à ajouter des inconnus dans leur réseau, ces mauvaises expériences en ont fait réfléchir plus d’un. Certains sont d’ailleurs plus vigilants après s’être rendu compte que des relations qu’elles avaient ajoutées avaient « abusé » de leur réseau de contacts.

Il y a aussi ceux qui font un tri sélectif, basé sur des critères bien précis, ou encore, selon le contexte. Dans certains cas, les participants disent qu’ils accepteront volontiers une personne qu’ils auront vraisemblablement la chance de rencontrer un jour. Certains refusent les invitations de personnes trop « éloignées » physiquement, notamment de pays étrangers. Pour d’autres, tout dépend de la forme. On acceptera « mieux » une invitation qui est personnalisée, par exemple.

Plus près de la « ligne dure », certains attendront d’avoir eu l’occasion d’échanger avec les personnes qui les ont invitées, dans un groupe notamment. Pour eux, connaître une personne, ce n’est pas nécessairement l’avoir rencontrée en personne. Pour d’autres participants, ce sont les affinités avec la personne qui comptent : partage-t-elle les mêmes valeurs que moi? Avons-nous des intérêts communs ou complémentaires?

Pour la plupart des participants, visiter le profil de la personne est très important avant d’accepter une invitation, notamment pour éviter le pourriel, voire l’intrusion ou la fraude. Cependant, ceux qui acceptent à peu près tout le monde ne se disent pas préoccupés de ces risques, puisqu’il est toujours possible de retirer une relation. De plus, pour éviter d’avoir à subir une avalanche de messages, notamment lorsqu’ils sont importés directement des comptes Twitter, certains choisissent de masquer l’actualité des contacts qui abusent de leur tribune.

 

Quelle option choisir?

À la lumière des commentaires que j’ai relevés, je crois qu’en bout de ligne, la méthode de sélection que vous choisirez dépend de votre personnalité, et surtout de votre façon de percevoir l’outil.

Si LinkedIn n’est pour vous qu’un outil de plus vous permettant d’accroître votre réseau de contacts, et de connaître le plus de gens possible et qui n’ont rien à voir avec les « véritables » relations, vous serez sans doute tentés d’inviter et d’accepter le plus d’invitations possibles. Assurez-vous cependant de bien maîtriser la technologie et d’être capable de gérer une grande quantité d’information, car plus vous avez de relations, plus vous aurez de chance d’être distraits par des messages de toutes parts.

En revanche, si votre temps est précieux, que vous n’aimez pas être distrait, et surtout si vous préférez soigner vos relations plutôt que les cumuler, une sélection s’impose. Vous pouvez bien sûr choisir d’utiliser LinkedIn strictement pour rester en contact avec votre véritable réseau de contacts, mais pourquoi ne pas trouver votre juste milieu entre cette dernière et le camp du « tout accepter »?

Comment faire la sélection? Posez-vous d’abord la question — et ceci est aussi valide pour les invitations que vous enverrez à différentes personnes : est-ce que la présence de cette personne dans mon réseau m’apporte réellement quelque chose de plus, et lui apportera aussi quelque chose de plus? Si les deux peuvent y gagner, vous avez déjà un critère valide. Ce sera néanmoins à vous de déterminer ce que ce « plus » ou ce gain peut représenter, en fonction de tout ce que j’ai présenté précédemment.

Voici en terminant d’autres discussions sur le sujet, toujours dans le groupe Linked Québec, en commençant par la plus récente à ce jour  :

 

Biographie de Félix Arseneau

Consultant indépendant chez Influide, gestion stratégique de l’information (@influide), Félix Arseneau (@trouve_qui_peut) se sert activement des médias sociaux pour le développement des affaires, en particulier LinkedIn. Propriétaire de trois groupes de discussion, il a développé une solide expertise dans l’exploitation stratégique de la plateforme. Il répond d’ailleurs régulièrement aux questions des usagers via le forum Réponses. Sur son blogue, Trouve qui peut!, il aborde différents sujets reliés au monde de l’information, du questionnement philosophique à la critique de phénomènes de société, en passant par des conseils d’usages de la plateforme LinkedIn et, bien sûr, de la gestion de l’information en général.

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À propos de missparfaite

Communicatrice polyvalente, Miss Parfaite explore les réseaux sociaux pour satisfaire sa curiosité et les besoins de ses clients. « Vivre, savoir et savoir-vivre à l’ère numérique » décrit bien son approche.

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