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La maman

Gardienne d’enfants, un job en voie de disparition?*

Monsieur Sourire en action

 

C’est à se le demander. Avez-vous essayé de trouver une gardienne fiable dernièrement? Si oui, vous  comprenez ma situation.  

Dans le bon vieux temps  

Il y a de cela quelques décennies, toutes les petites filles, et quelques rares garçons, étaient en compétition pour les meilleurs jobs de gardiennage du quartier. Sur ma rue, nous étions au moins quatre à garder des enfants. Nous étions pas mal occupées. Souvent on engageait l’une d’entre nous mais parfois on nous jumelait quand il y avait plusieurs enfants à surveiller dont un bébé ou que c’était pour une longue période de temps. Comme il s’agissait des enfants du voisinage, tout le monde se connaissait et tout le monde savait que nos parents étaient tout près, au cas où il arriverait un incident.  

Des enfants, j’ai commencé à en garder à 11 ans. J’étais en demande et j’ai continué pendant mes études au secondaire. J’étais bonne, j’aimais cela et surtout j’aimais le sentiment d’indépendance que me procurait mon propre argent de poche. Pas parce que mes parents ne me gâtaient pas, loin de là. En fait, on me gâtait beaucoup. Mais MON argent, c’était autre chose. Il valait plus à mes yeux parce que je l’avais gagné. J’ai commencé jeune à vouloir être indépendante et je conserve de beaux souvenirs de cette période de ma vie.  

Nouvelle génération, nouveau dilemme  

Les années ont passé. Mademoiselle Frisettes est entrée dans ma vie il y a cinq ans. Je l’ai inscrite aux 40 CPE de mon coin de ville alors que j’étais enceinte de trois mois. J’ai rappelé tout ce beau monde à quelques semaines de l’accouchement et finalement, un dernier tour téléphonique de la ville quelques mois après sa naissance. C’est alors que je me suis dit que pour profiter d’une soirée en amoureux une fois de temps en temps, je devais aussi penser à trouver une gardienne près de chez moi.  

Ce fut le choc. Mais où se cachent les gardiennes d’enfants? Pas sur ma rue, c’est sûr. Alors que je jouais dehors avec Mademoiselle Frisettes, j’observais les jeunes filles de ma rue. Décompte total : 2. Et trop jeunes encore pour garder. Par contre, je les regardais jouer, j’observais leur façon de régler les conflits et je jasais un peu avec elles. Je mettais en place une stratégie : à force de les étudier, de me faire connaître et d’interagir avec elles, j’allais établir un lien de confiance et le moment venu, je pourrais finalement avoir une gardienne d’enfants.  

Mes hypothèses (pas très scientifiques)  

Mais que s’est-il passé entre mon enfance et aujourd’hui pour que j’aie quasiment besoin d’un plan stratégique pour faire garder mes trésors? Voici quelques pistes de réflexion pas très scientifiques.  

La dénatalité. Oui, un des effets pervers de la dénatalité, c’est qu’il y a moins de gardiennes disponibles pour garder mes adorables chéris. L’âge moyen des gardiennes est de 13 ans. Donc si on retourne en 1997, il est né 40 101 enfants dans la région de Montréal qui compte 1 797 912 habitants. Si on fait une règle de 3 bien simple, non vérifiée et qui prend pour acquis que nous avons eu à LaSalle la même proportion de naissances (ce qui n’est pas nécessairement le cas), notre part des naissances aurait dû s’élever à  1639. De ce nombre on doit soustraire la majorité des garçons et les filles qui n’ont pas envie de jouer à la maman avec de vrais enfants. Grosso modo, il nous reste donc un bassin très approximatif de 700 gardiennes/gardiens potentiels pour un territoire comptant plus de 13 516 ménages avec enfants (44% des ménages). Il y a près de 19 fois plus de ménages avec enfants que de gardiennes potentielles. Finalement, je peux me compter chanceuse d’en avoir 2 sur ma rue. Gardienne d’enfants, un job d’avenir?  

L’anonymat des villes. Le mot voisinage tombe dans la désuétude. Et le bon voisinage aussi. Car nos voisins, on ne les connaît plus. On ne connaît plus leur nom de famille et franchement, bien peu de gens veulent le savoir. On parle du papa d’Alexandre, des Italiens au coin de la rue, du gars qui conduit la minivan grise, etc. On identifie les gens par une caractéristique qui leur est propre et non par leur nom. On se croise matin et soir et nos bras s’ankylosent à force de ne plus se saluer de la main. Nous sommes dans l’ère du «je me mêle de mes affaires». Bon j’exagère, mais si peu.  

L’inquiétude des parents. Nous adorons nos enfants et nous voulons les protéger. Si on regarde un tant soit peu les nouvelles, on y entend parler de pédophilie, d’enfants abusés par leur gardienne, de gardiennes harcelées par un grand frère ou le papa des enfants qu’elles gardaient et autres horreurs du genre. En tant que parents qui ont des enfants, on veut connaître notre gardienne. On veut savoir où et comment elle vit. On veut s’assurer que nos trésors sont en sécurité. De même, les parents des gardiennes hésitent. Ils veulent s’assurer qu’ils connaissent la famille où va garder leur fille, ils veulent s’assurer qu’ils peuvent la contacter et qu’elle peut les contacter en tout temps. Pas facile d’être parents! Que ce soit notre enfant qui est gardé ou notre fille qui garde, on s’inquiète pour sa sécurité.  

Le mode de vie des adolescents. Nos maisons sont devenues des forteresses où nos enfants s’enferment volontairement pour jouer au Wii ou à l’ordi. On veut les voir sortir, on veut qu’ils fassent du sport, qu’ils se trouvent un job d’été ou autre. En fait, c’est ce qu’on leur dit mais soyons francs, on les préfère à la maison alors on insiste un peu pour la forme mais dans le fond, ça nous arrange de pouvoir les garder près de nous.  

Conclusion  

Finalement, je suis chanceuse d’avoir deux jeunes filles qui semblent fiables sur ma rue. Et en bout de ligne je suis encore plus chanceuse d’avoir une gardienne d’enfants qui habité à côté de chez moi.  

Conclusion de la conclusion  

Avis aux intéressées, Mademoiselle Frisettes sera en âge de garder en 2018. Déjà, je vois en elle une bonne candidate : elle a de l’empathie, elle aime s’occuper d’enfants plus jeunes qu’elle, elle a un bon jugement pour ses 5 ans et elle fait preuve d’une belle maturité… sauf quand elle pleure et qu’elle crie. Par contre, si je ne connais pas votre nom de famille, si vous n’habitez pas sur ma rue, si je ne connais pas vos enfants parce qu’ils ne jouent jamais dehors et que vous avez un grand garçon qui restera dans la maison pendant qu’elle garde, oubliez ça.  Cependant, si vous passez l’inspection minutieuse de Miss Parfaite, vous aurez une perle de gardienne pour  25 $ à 35 $ de l’heure, une aubaine! Car si la tendance se maintient, les gardiennes seront peu nombreuses, fortement en demande et donc plus chères.  

Non, les gardiennes d’enfants ne sont pas en voie d’extinction. Elles prennent au contraire de la valeur. Un job d’avenir, voilà ce que c’est!

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À propos de missparfaite

Communicatrice polyvalente, Miss Parfaite explore les réseaux sociaux pour satisfaire sa curiosité et les besoins de ses clients. « Vivre, savoir et savoir-vivre à l’ère numérique » décrit bien son approche.

Discussion

7 réflexions sur “Gardienne d’enfants, un job en voie de disparition?*

  1. J’adore ton billet et je partage ta réflexion!

    Nous avons finalement trouvé la perle après 4 ans, elle étudie au CEGEP, elle adore les enfants, elle est douce, patiente et dynamique à la fois et connaît les enfants différents (un must pour nous) et les premiers soin (encore là une incontournable).

    Mais, ça nous coût environ 8 à 10 $ de l’heure pour nous deux enfants… Ouf! Ça ce prix là, la soirée devient tout un luxe si on prévoit un resto. Mais, bon, on se l’offre parfois histoire de « rester un couple » ou de faire des choses chacun de notre côté, en même temps.

    Une ancienne gardienne à 2 $ de l’heure, qui rangeait aussi en plus!

    Publié par mamanbooh | 24 septembre 2010, 10:19
    • Les temps changent, c’est sûr! Moi aussi je rangeais et je faisais les repas, lavais la vaisselle, baignais les enfants et finissais de tout ranger avant que les parents reviennent. Je pense même que quelquefois, la maison était plus rangée à leur retour qu’à leur départ :-)!

      Publié par missparfaite | 24 septembre 2010, 12:14
  2. Quel bon billet! Miss Parfaite, voilà un sujet qui intéresse bien des familles j’en suis sûre:) C’est vrai que les filles de notre génération ont presque toutes été gardiennes d’enfants et en fait même presque aide familiale… Car, c’est vrai, il y avait de la compétition alors il fallait se démarquer si on voulait avoir des  »contrats » et les conserver. On offrait le super-service de garder les enfants, les aider aux devoirs si nécessaire, préparer les repas, jouer évidemment avec eux, donner les bains, ranger et un peu de ménage quand ils étaient couchés…. Tout ça pour un 2-4 $ de l’heure, pour les 2 à 4 enfants pas plus cher si plusn d’enfants.

    Aujourd’hui, c’est bien différent. Non seulement les gardiennes fiables sont rares et dispendieuses, mais elles veulent faire le minimum 😦 Je prends ici exemple de 3 gardiennes que j’ai essayées (dont 2 sont mes nièces): le souper doit être prêt, les petits lavés et en pyjamas, une description claire et écrite de ce qu’il y a à faire… Mais il y a encore d’autres problèmes qui s’ajoutent à ça. Les ados d’aujourd’hui, en plus d’être en général moins débrouillards sont aussi moins habitués d’avoir des responsabilités. Ils ne savent pas ce qu’est une routine de famille puisqu’ils y participent souvent très peu, n’ont souvent pas de petits frères/cousins ou petites soeurs/cousines pour s’entrainer. Pourquoi ils iraient s’embêter à TRAVAILLER pour de l’argent de poche, quand tous leurs besoins et souvent caprices sont comblés par leurs parents et leur famille? Et n’oublions pas que nos petites gardiennes n’échappent pas à la réalité d’aujourd’hui des familles éclatées: quand tu en trouves enfin une qui a du bon sens, une semaine sur deux elle s’en va chez son père, qui reste à l’autre bout de la ville! Erf, non, mais, on a tu encore le goût et l’énergie pour sortir après avoir négocier tout ça!!!!!

    Publié par Kathleen | 24 septembre 2010, 11:00
    • C’est sûr que sortir quand on a des enfants, ça demande de la préparation. On n’improvise pas une sortie en amoureux! On la planifie : on doit rejoindre la gardienne, s’assurer qu’elle est disponible, préparer le repas, préparer les pyjamas, préparer une liste écrite des routines de chaque enfant, nettoyer la maison car avec 2 jeunes enfants, la maison a souvent l’air d’un chantier (je ne veux quand même pas lui faire peur 😉 )… Bref, c’est sûr que c’est du travail mais j’ai l’impression que quand on adopte une gardienne et qu’elle a le goût de revenir, ça nous apporte une sorte de paix. On sait que sortir en amoureux, ça redevient possible. Et ça, c’est bon pour mon moral :-).

      Publié par missparfaite | 24 septembre 2010, 12:23
  3. Miss Parfaite, et bien je suis contente pour toi et ton couple. De notre côté, nos nièces ont gardées une dizaine de fois dans les 11 dernières années ! ouf pas facile, et souvent c’est tellement d’ouvrage de préparer le repas, les petits, en essayant de SE préparer car comme c’est de plus en plus rare que l’on sort, c’est plus long se  » mettre belles « ! Le temps de tous les conseils et consignes qu’on arrive dans l’auto en sueur, on met la clé dans le contact, on se regarde du coin de l’oeil et ouf !!! Tout cela pour une soirée…c’est agréable mais il y a un coût à payer et pas seulement monétaire!

    Mon fils de 11 ans fera son cours de gardien averti cette année et nous avons très hâte car il connaît tous les rudiments alors peut-être qu’on aura seulement à SE METTRE BEAU, béco béco et à plus !!! (lol)

    Publié par julie | 24 septembre 2010, 15:33
  4. Je suis d’accord avec toutes les hypothèses que tu avances, mais, de par ce que je vois autour de moi, je mettrais l’accent sur celle qui cible un changement d’attitude des parents.

    Comme toi, j’ai commencé à garder vers 11 ans. Pas seulement, des enfants «plus grands», des jeunes bébés. Qui, aujourd’hui, laisse garder son bébé par une jeune gardienne de 11 ans? Pas beaucoup de personne de mon entourage, en tous cas…

    En me fiant à ma propre expérience de gardienne, je sais pourtant que mes meilleures années ont été de 11 à 15 ans, environ. Parce que c’était une nouvelle responsabilité que je prennais très au sérieux, et que je me dédiais à 100% aux enfants. À mesure que l’adolescence avançait, les soirées à garder me coupaient de mes sorties avec mes amies, ce qui faisait que j’étais de moins en moins intéressée à garder.

    On s’entend, en cas de réel problème, la maturité d’une gardienne de 16 ans est précieuse, mais, pour les soirées normales, l’enthousiasme de la jeune fille de 13-14 ans est son meilleur atout.

    Ça m’a quand même pris quelques temps avant de trouver mes gardiennes, parce que j’en cherchais avec qui «ça clique», mais j’ai toujours privilégié les jeunes, et ce furent généralement mes meilleurs coups.

    Publié par Valérie | 26 septembre 2010, 10:31

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Tweets that mention Gardienne d’enfants, un job en voie de disparition?* « Le blogue de Miss Parfaite -- Topsy.com - 24 septembre 2010

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